Salut.

Si tu veux bien, on va se tutoyer. En mer, on se tutoie.
On ne s’embarrasse pas d’artifices, on va droit au but. Il faut être efficace.

La mer a un pouvoir : elle révèle la personnalité.
Et si en embarquant, tu as voulu garder quelques peaux, la mer se charge de te les enlever une à une, lascivement ou violemment.

A la fin, il ne reste que toi.

En mer, pas d’internet, d’information de dernière minute, pas de panneaux publicitaires. Le silence, tantôt paisible, tantôt furieux a vaincu ce tumulte moderne. Ton esprit doit se nourrir de l’évidence du présent.

Tu redécouvres que l’eau est la vie, que l’énergie est comptée. Tu reprends conscience du travail de l’homme pour subsister. L’autre est soudain plus précieux.

La mer est ton miroir et elle te renvoie tes peurs. Tu apprends surtout à reculer d’un pas. Tu dois partager avec la mer.

La mer est sans routes. C’est toi qui doit les dessiner. Et tu peux aussi dessiner les nuages, le soleil et les poissons dans l’eau si tu veux. Tu puises ton inspiration dans tes rêves.

Et c’est déjà le voyage.

16 décembre 2007 – Devant Antibes, sur « Boulinou » – 40 nds de vent d’Est