Minuit. Nous sommes à 40 miles de Minorque. Le plancton fait crépiter les safrans. De temps en temps une méduse en jaillit, transformée en boule de feu. Slowmotion file à 8 noeuds. L’équipage dort. A droite l’obscurité, à gauche la lune rousse se lève lentement. Une demi-lune seulement. Je m’en contenterai. La nuit, les yeux cherchent la lumière… les étoiles, le halo au dessus de Majorque et Minorque, la lueur lointaine de mats, l’orgie lumineuse des ferries. La lune surgit comme une petite délivrance avant celle ultime du jour.

3h18. La trainée magique de la voie lactée a laissé la place à un franc et rassurant éclat lunaire. 20nds de vent de nord-est. Mer modérée. Nous glissons toujours sur l’eau à vitesse soutenue sous 2 ris.

5h20. La fatigue naissante provoque une légère narcose. Le cerveau divague. On se parle beaucoup. On griffonne ces lignes sur le bloc note.

6h41. Le soleil se lève sur la cote sud de Minorque.

8h00. Nous sommes ancrés seuls dans la calanque de Mitjana.

Levé de soleil sur la cote sud de Minorque le vendredi 22 juillet.