3ème jour de mer.

Une nuit très noire. Des nuages, une lune qui se lève très tard et qui se permet en plus de n’afficher qu’un minuscule filet de lumière blafarde qui peine à se frayer un chemin entre les cumulus. Pas une seule lumière à l’horizon. Bref, une nuit très noire. Si le plancton phosphorescent n’explosait pas à chaque vague sous les patins de Slow Motion, la mer ne se distinguerait pas du ciel. Noire. Si je te le dis!

Nous avons réduit la voilure (2 ris dans la GV et quelques tours dans le génois) pendant la nuit pour être tranquille avec les 20 noeuds et plus qui soufflent au portant dans cette nuit décidément très très noire (je sens que tu as compris maintenant).

Le jour, enfin. La houle prend une allure très « atlantique », c’est à dire large et haute. Le geenaker est déployé au petit matin et plus tard on lache un ris pour garder une bonne vitesse dans un vent qui faiblit légèrement (15 à 18nds NNE).

Perrine découvre un pauvre calmar échoué sur le passavant tribord. Il nous regarde avec ses petits yeux globuleux, moribond. Nous n’avons pas le coeur de l’épingler au bout de la canne à pêche. Nul doute que ces pudibonderies de citadin attardé nous quitteront bientôt. Chaque chose en son temps. Nous découvrons actuellement le concept de la « grande » traversée. Gibraltar-Madère : 3h en avion, 4 jours à la voile. Madère se mérite. C’est le concept Slow Motion. Prendre son temps. Nous sommes dans une gigantesque séquence de ralenti. Et au ralenti, on comprend mieux (en tout cas, on a le temps de réfléchir).

A 15h, notre position : 33°59′ 88 N 12°50’59 W (ça c’est le GPS qui le dit).
Ce qui en principe (mais l’erreur est possible et je ne peux pas vérifier la carte si dessous sans internet haut débit) donne à peu près ça :

(quelqu’un peut-il me confirmer que c’est bon par rapport aux coordonnées GPS fournies si dessus?)

365 miles parcourus depuis Gibraltar, dont 150 parcourus ces dernières 24h. Encore 185 miles à parcourir avant Porto Santo.
La météo nous donne un vent qui faiblit progressivement. Espérons qu’il en reste assez pour arriver avant lundi.

A demain … si on veut bien! (hommage télévisuel).