Ce matin, je vous la fais rapide. On file à la Gomera!

Flashback sur les jours précédents.

Graciosa (Playa Francesca)
Graciosa aura été un mouillage enchanteur. Une ile déserte de bout du monde. Un repère de navigateurs mal rasés. Les jours ont passé et un matin nous nous sommes dit : cette île est en train de nous marabouter*! Sa douce musique nous envoute, si nous ne fuyons pas rapidement, nous allons y rester à jamais, comme les hippies du village.
Alors on est parti pour Lanzarote.

* expression copyright Jérôme C.

Notre mouillage à Graciosa

Lanzarote (Puerto calero)
Lanzarote? Volcanique, Désertique, Manrique.
Volcanique, Lanzarote l’est assurément comme ses consœurs de l’archipel. Mais les volcans sont à nus et les coulées de lave encore visibles. Dans le parc de Timanfaya, nous n’avons pas résisté à déguster des brochettes cuites directement sur un puit de lave dégageant les chaleurs sous-terraines.

Nos brochettes dans le parc de Timanfaya (intéressant n’est ce pas?)

Désertique, oui, mais les habitants de l’île ont tout de même trouvé le moyen de cultiver la vigne et de produire des vins succulents. Des abris sont aménagés dans la lave et la vigne est y protégée par des petits murets. Un travail de titan, pour un résultat à la hauteur.

Vignes de la Bodega El Grifo
Et voilà le résultat! (Pour les futurs visiteurs de SlowMotion, je précise que nous avons quelques bouteilles en cave)

Manrique, l’île l’est jusqu’au bout des seins** (référence aux mamelons volcaniques bien sûr). L’homme a exercé un monopole total sur l’aménagement du territoire, l’architecture et les lieux touristiques. Et c’est tant mieux, car Lanzarote a été épargnée par l’habituelle boucherie littorale immobilière hispanique. L’île a beaucoup de charme et dégage une atmosphère calme et reposante.

** expression copyright Michel Sardou.

Un petit bar aménagé dans un trou de lave effondré (Jameos del Agua).

Nous résidons au petit port de Puerto Calero que nous recommandons aux navigateurs : bon accueil, port et chantier très propres, rues animées (mais pas trop), tout sur place, architecture maitrisée et surtout : un « travelift » de 7 m de large qui peut soulever Slowmotion, nous permettant de réaliser le carénage dans de bonnes conditions.

Au bout du quatrième jour, nous avons fini le carénage et visité les principaux sites de l’île.
Dès la mise à l’eau de Slowmotion, nous partons pour Fuertaventura.

Et voilà le travail! Au chantier de Puerto Calero.

Fuertaventura (isla de Lobos)
Notre catamaran pose son ancre dans la petite baie de Isla de Lobos, réputée pour ses eaux turquoises.
Les fonds sont poissonneux, la baie a du charme mais les navettes de touristes, et autres catamarans géants sont décidément trop nombreux.
Nous fuyons vers Ténérife.

Petit jeu : combien y-a-t’il de touristes sur ce bateau? (un verre de rhum à Cuba à gagner).

PS pour Danielle et Papi : Nous pêchons notre premier poisson à la ligne avec un bout de fromage! Une petite vive de 40 cm que nous rejetons à l’eau après une minutieuse observation scientifique par les enfants.

Impressionnant, n’est ce pas?

Gran Canaria (Las Palmas)
Les conditions sont musclées : 25 noeuds et une mer agitée. Nous décidons de couper la route et de nous arrêter dormir au mouillage à Las Palmas de Gran Canaria après 100 miles parcourus en 12 heures.
Une bande de petits dauphins nous y accompagnent à 15 miles des côtes. Puis la nuit s’installe et les lumières de la plus grande ville des Canaries inondent le plan d’eau et nous permettent de distinguer facilement les nombreux cargos ancrés devant la ville. Au petit matin, un flot de voitures scintillantes sur la route du bord de mer nous rappelle que dans la vraie vie, on va au travail le matin. Brrr … quelle horreur! Vite, fuyons!

Porte-conteneurs en chargement à Las Palmas (7h du mat, temps couvert).

Tenerife (Puerto de San Miguel)
Après une cavalcade de 70 miles au portant, avec des surfs à 16 nœuds, des creux de 3m par 30 nœuds de Nord-Est établis, le petit port de San Miguel nous semble parfait pour passer la nuit et peut-être visiter l’île et son fameux pic du Teide culminant à 3700m au dessus des vagues.
L’accueil au port est sympathique, mais la « ville » se révèle être un gros resort de golf pour le 3ème âge allemand et anglo-saxon. De surcroit, comme de nombreuses villes espagnoles, San Miguel subit la crise et la station est quasi déserte. Quelques restaurants tentent piteusement d’attraper le passant entre 2 immeubles inachevés. Des zombies errent dans les rues. Faut pas y craindre*** mais … c’est lugubre…
C’est décidé, demain matin, nous fuyons sur la Gomera. Le pic du Teide sera toujours là la prochaine fois.

*** expression du pote de Quentin D.

Pic du Teide à Tenerife

La Gomera?
Pas d’aéroport, peu de touristes, une île qui a la réputation d’être préservée. Elle abrite une des dernières forêts naturelles d’Europe. Son port de San Sebastian est unanimement reconnu par les navigateurs tour-du-mondistes comme le plus sympa des Canaries. Voilà qui devrait nous plaire afin de nous poser quelques jours avant le grand départ pour Dakar.

Nous le saurons au prochain épisode des aventures de SlowMotion, le catamaran qui fait 4 iles des Canaries en 4 jours.

Quelques photos sur : http://www.flickr.com/photos/60800845@N03/sets/72157627539396457/detail/


Notre trajet depuis Graciosa (en haut à droite), jusqu’à la Gomera. En rouge, notre position actuelle. Environ 240 miles de trajet (soit 430km). Heureusement, les alizés portugais sont soutenus et les navigations rapides.