La remise des fournitures scolaires

Les femmes aux boubous bariolés de couleurs chaudes chantent en cœur. Elles se balancent, se trémoussent, en créant des harmonies africaines et rythment la mélodie en tapant des mains. En face de nous, celles d’un vieillard semblent habitées d’une vie propre et frappent frénétiquement un tam tam. Une autre femme lance ses doigts sur une grosse calebasse, produisant un son sec qui accompagne le tam tam.

Tour à tour, les femmes viennent danser par une ou deux au centre du demi-cercle formé par les musiciens. Pris par la main, nous nous laissons entrainer en tentant d’imiter maladroitement les positions rythmiques des danseuses chez qui la musique et la danse constituent manifestement une seconde nature.


Tous les notables sont là : le chef du village, l’imam, le directeur de l’école, la représentante des mères du village, le président des parents d’élève et celui des élèves.

Michel, le directeur de l’école primaire, raconte lentement en sérère qui nous sommes, d’où nous venons, notre voyage jusqu’ici, notre action et l’achat des fournitures scolaires pour l’école à Dakar. Chaque chapitre de son histoire est ponctué par un coup de tam tam et de calebasse. Il énumère consciencieusement l’ensemble des dons à l’école primaire : 330 stylos bleus, 330 stylos rouges, 330 cahiers et protèges cahiers, 330 règles en plastique, ainsi que quelques livres de classe. Il parle aussi de la mallette informatique contenant un ordinateur, un appareil photo et video, et un videoprojecteur. Il insiste sur l’importance de se former aux nouvelles technologies informatique pour les jeunes du village. Les anciens opinent du chef pour acquiescer, bien que n’ayant probablement jamais touché ni même vu un ordinateur de leur vie.

Puis le chef du village, avec sa voix rauque et chevrotante, prend la parole en sérère, traduit au fur et à mesure par Michel.
Au nom de tout le village, il nous remercie pour cette précieuse aide au développement de Djirnda. Il va prier Dieu pour nous donner du bonheur et de la force. Il va prier Dieu aussi pour nous permettre de revenir aider de nouveau l’école. Il ne perd pas le nord, le chef du village! Je me lève et prend ensuite la parole au nom de la famille pour exprimer notre joie d’être accueilli si chaleureusement au village et pour remercier tous nos amis qui ont participé à cette modeste contribution.

Les femmes du village viennent attacher à nos cous des bijoux en coquillage, offrent un grand boubou à Perrine et nous remettent un grand plat de crevettes locales, en s’excusant de ne pas en avoir plus.

Une grande procession musicale se forme ensuite pour nous raccompagner à l’embarcadère où nous attend notre annexe, alors qu’arrive la pirogue des instituteurs de Siwo et Moundé pour le cours d’informatique que je dois donner dans l’après midi à l’école du village.

Mais ceci est une autre histoire …