Flashback.

9 avril 2012. Nous sommes au bout du monde, à Duncan Town, 60 habitants, dans le sud des Bahamas

Ici pratiquement aucun voyageur ne vient jamais. Sauf par erreur, comme nous, en pensant que Duncan Town sur l’île de Ragged Island est un port d’entrée aux Bahamas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
D’ailleurs, sur l’île, il n’y a presque rien. En se promenant sur le bitume de la petite route principale, écrasé par le soleil, on longe quelques maisons qui tiennent à peine debout et beaucoup d’autres en ruine. Il n’y a personne. La ville a une atmosphère de mauvais western.

Puis, on aperçoit la peau noire d’un autochtone qui répare une porte. « G’d Mornin’ ». Un sourire. On reprend espoir. Sur une petite maison, on peut lire sur un panneau de bois posé par terre « Maxime’s Drugs & Grocery ». C’est la seule boutique de l’île. Elle est fermée. Derrière moi, une petite fille surgit de l’arrière cours d’une maison et va chercher le propriétaire qui ouvre avec indolence le cadenas de l’entrée. A l’intérieur, quelques paquets de farine, du sucre de canne, de la sauce barbecue et ketchup, du W40 et des oeufs. Je saisi une boite de 12. « $4 please ». Ici les denrées sont chères.

On sortant de la boutique, j’aperçois des filets de poissons qui sèchent sur un fil. Derrière, des marais salants. Probablement, la seule source de devise de l’île avec la pêche et peut-être un peu de tourisme.
Au coin, un groupe de trois rastas devisent en buvant du rhum. « Hi! ». On échange des civilités. Ici les gens sont aimables, mais vous laissent vivre votre vie. Ici, il n’y a rien à vendre. Au bout de la rue, une fillette qui joue au cerf-volant avec son père me jette un sourire.

Un peu plus loin une cabane renommé « Church » et l’école du village. Un panier de basquet, un terrain de volley, une unique salle de classe et … une connexion internet. Je prend la météo, puis je rejoins l’annexe laissée entre deux barques de pêcheur.

Un canal à travers la mangrove, puis on arrive dans l’océan.

Slowmotion, est mouillé dans 1,50m d’eau cristalline couleur émeraude, en face d’une petite plage de sable blanc. Autours de nous, le silence, c’est à dire le bruit du vent sur l’immensité verte de la mer des caraïbes et les cris d’oiseaux. Il y a aussi Bill et Mara, un couple d’américain de l’Arkansas avec qui nous avons sympathisé. Ils habitent sur leur catamaran, modèle unique fabriqué par Bill et sont là depuis 3 mois.

A la faveur d’un vent de sud-est, nous avons quitté Cuba pour rejoindre les Bahamas. Puis un vent de NE s’est levé rendant difficile une progression vers le Nord des Bahamas. Nous avons finalement décidé d’en profiter pour rejoindre Miami un peu plus tôt que prévu. Une bonne fenêtre météo s’annonce en fin de semaine. D’ici là, nous gouterons clandestinement à la magie des lieux en nous adonnant à nos activités favorites : école, petites réparations, nettoyage complet du bateau de la coque au mat, lectures, explorations et apéros au coucher de soleil en écoutant les CD de musique cubaine ramenés de Santiago et en fumant les excellents petits cigares Dominicains « hand made ». Une parenthèse hors du monde et hors du temps. Le luxe.