Salut à Tous,

== Le point à 15h30 UTC le samedi 30 juin 2012 ==

On maintient toujours une bonne vitesse dans un vent de 15 à 20 nds de
SSW. Beau temps, mer agitée. La houle s’est formée et nous porte
régulièrement sur de beaux surfs à 12 noeuds. L’arrivée sur Corvo,
Florès ou Faial parait bien sécurisée maintenant en terme de fenêtre
météo. Il ne nous reste plus qu’à décider où faire l’atterrissage. On
compulse les guides! Corvo nous séduit par son aspect « bout du monde ».
Florès semble réserver les plus belles randonnées des Açores et Horta à
Faial est une étape incontournable pour les marins, la Mecque de la
voile aux Açores. On fera peut-être un peu des trois! Le débat est
ouvert. De toutes façons, Corvo et Florès sont sur le chemin vers Horta.

Nous restons en contact quotidien avec « Excalibur » qui se dirige vers
Florès et se positionne à 12 miles de nous plus au sud ce matin. On se
met à faire un peu plus d’observation des cétacés. Une nageoire aperçu
ce matin! On va essayer de faire mieux. Le zoom est en embuscade.

On a (facilement) évité cette nuit une collision avec un super-tanker de
243 mètres. C’est fou ce que la loi de Murphy veut que même en plein
océan, alors qu’il n’y a quasiment rien, on arrive encore à avoir des
routes de collision exacte entre navires.

Notre position à 15h30 UTC : 41°04′N 39°49′W

Retrouvez aussi la trajectoire de Slowmotion en grand écran sur le
serveur de Roger : http://corto.essi.fr/slowmotion

Continuons notre série de l’été! Générique (envoyez aujourd’hui « Surfin
USA » des Beach Boys à fond sur les enceintes et invitez votre
voisine/voisin à danser, ensuite enchainez avec « Kokomo » et sirotez un
petit cocktail tranquille pour vous reposer).

== Pourquoi? Pourquoi traverser l’Atlantique? ==

Aujourd’hui, c’est au tour de Perrine, la femme du capitaine, de
s’exprimer.

« Perrine, au début du voyage on a évoqué la possibilité de se rejoindre
en avion à l’aller et au retour après les traversées. Pourquoi avoir
finalement décidé de venir avec les enfants? »

« J’avoue que dans un premier temps je n’étais vraiment pas chaude de
faire traverser l’Atlantique aux enfants, j’avais l’impression que ça
serait l’équivalent de tenir un diable en boîte (enfin 3 diables en
boîte en l’occurrence). Et puis il s’est trouvé qu’ils avaient envie de
la faire cette traversée de l’Atlantique, 15 jours sans voir la terre,
15 jours sans courir !! Du coup je me suis dit, pourquoi pas ? Ca
n’était pas tellement un challenge personnel, juste la continuité du voyage.
J’ai énormément apprécié ce moment hors du temps, le temps de lire, de
dormir, de jouer au scrabble, à la belote, de faire l’école et de ne
rien faire.
Forte de cette excellente expérience, la traversée retour s’imposait
d’elle-même. Et puis je ne me voyais pas mettre 8 heures pour rentrer
quand j’avais mis 12 mois pour arriver. J’avais besoin d’un pallier de
décompression. J’entendais les gens dire « c’est plus difficile
l’Atlantique nord, vous verrez … » mais je ne les écoutais pas.
Et puis est arrivé le moment de préparer ce fameux retour et là les mots
« énormes dépressions », « anticyclone trop haut », « tempête tropicale », …
ont commencé à apparaître, j’ai vu une copine prendre l’avion avec ses
enfants et laisser son mari faire le retour … Le doute s’est installé
en moi.
Notre capitaine préféré m’a rassuré, on ne prendra la mer que quand les
conditions seront bonnes, on va faire notre possible pour éviter les
dépressions et Domi notre routeur a remis son tablier.
Et on est parti tous les 5 avec nos 2 nouveaux valeureux équipiers. Pour
l’instant on a évité les « énormes dépressions », les « tempêtes
tropicales » … alors même si l’anticyclone des Açores est un peu haut,
ça se passe très bien. Pourvu que ça dure.

La seule question qui me taraude c’est de savoir ce qu’il me restera de
tout ça, saurais-je prendre le temps de ralentir une fois revenue à terre ? »

Un témoignage de mère de famille.

Bises à tous,
A demain!