Résumé de l’épisode précédent : Le 28 août, après 3 jours en mer depuis le détroit de Gibraltar, nous touchons enfin notre première île atlantique : Porto Santo.

« Un caillou flanqué de 3 pics et d’une plage de 9km de long au sable fin mêlé de roche volcanique ». C’est ainsi que je décris Porto Santo le 1er septembre 2011. Nous sommes seuls dans la longue baie de cette île proche de Madère. La traversée depuis la Méditerranée, les formalités d’usage en anglais, une île déserte, les « logos » nautiques peints sur la digue du port : ce sont les signes que le voyage a enfin commencé.

Madère contraste avec sa voisine et mérite son surnom de « jardin de l’atlantique ».

Les ballades le long des « levadas » sont un régal. Mais le vrai choc en septembre est la découverte du fabuleux mouillage de Graciosa aux Canaries. A Graciosa, il n’y a presque rien à part de vieux volcans, un petit village de maison blanche et les amis ancrés dans la baie. Une simplicité qui fait du bien, un lieu magique où notre temps perd peu à peu de son sens et fini par disparaitre pour laisser place au temps du voyage.

Lanzarote nous séduit par son tourisme et son urbanisme maitrisé. C’est ici que nous carénons Slowmotion. Mais les autres îles des Canaries : Fuertaventura, Gran Canaria, Tenerife nous font fuir par leur tourisme de masse.

Sur le chemin de La Gomera, le voyage commence à faire son effet et j’aurais quelques interrogations métaphysiques. La Gomera réussira a nous retenir une semaine car l’île est bien préservée et nous y faisons de sympathiques rencontres au port.  C’est de là que je planifie la navigation vers Dakar  C’est notre première vraie « grande » navigation, 6 jours de mer seuls en famille uniquement au large de l’Afrique. Pendant la traversée, nous faisons l’école à bord.

Le 27 septembre, nous quittons les Canaries pour le Sénégal. Nous ne sommes jamais allé en Afrique noire et cette traversée nous écarte un peu des routes les plus empruntées. Le départ se fait donc avec une légère appréhension qui s’estompe vite une fois en mer. La traversée se déroule bien, rythmée par les blagues nocturnes des cargos, les vols d’exocets (qui finissent souvent sur le pont du bateau la nuit) et la pêche en journée.

A l’approche de l’Afrique, l’air frais de l’atlantique laisse place à un air chaud et humide, chargé d’odeurs de terre.

Le lundi 3 octobre en fin de journée, nous jetons enfin l’ancre devant le mythique Cercle de Voile de Dakar. Nous avons pour la première fois l’impression d’atteindre un pays lointain et inconnu.

Nous ne serons pas déçu. Un des épisodes les plus marquants du voyage va bientôt commencer…

(suite au prochain numéro)